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Trois histoires de reconversion professionnelle – Modes d’emploi, toute l’actualité du recrutement

Trois histoires de reconversion professionnelle

moulinsaintgermain.jpg« On sait ce qu’on quitte, on ne sait pas ce qu’on prend ». En ces temps de crise, déclarer à son entourage vouloir quitter son travail a de quoi en déstabiliser plus d’un. Bérangère, 27 ans en sait quelque chose. « Actuellement en CDI, tout le monde me conseille de rester en poste. Les gens ont du mal à comprendre que je souhaite m’orienter vers un autre métier, changer de cap et prendre des risques ». Pourtant, comme elle, de nombreux Français veulent changer d’emploi. Ils seraient jusqu’à 57% des employés des entreprises de plus de 500 salariés à exprimer un tel vœu, selon une récente étude de la TNS Sofres. « C’est une tendance de fond même s’il est difficile de quantifier le nombre de personnes qui passent réellement à l’acte », confirme Yves Deloison, auteur du livre « Je veux changer de job ! «  et animateur du site Toutpourchanger.com. D’autant qu’entre l’envie et sa réalisation, il est nécessaire de bien préparer son projet.

Bien réfléchir à son projet professionnel

ebeniste.jpg« Certaines personnes expriment un ras-le-bol à un moment donné car ils se sentent proches du burn-out ou parce que les relations avec leur hiérarchie ne se passent pas bien. Mais quitter son travail n’est pas forcément la solution. Il est utile de comprendre d’où vient le malaise et alors d’être vraiment sûr qu’on ne souhaite plus exercer son activité », prévient Yves Deloison. Un bon moyen de ne pas rater sa reconversion.

Pierre, 29 ans, a vécu une telle mésaventure. Ancien journaliste, il ne se sentait plus à l’aise dans son travail. Face à une ambiance délétère, il a voulu changer radicalement de vie. En seulement six mois, il choisit de se tourner vers le métier d’ébéniste. « Je n’étais plus investi à 100% dans mon travail et je repensais à mes rêves de gosse, à mes désirs d’exercer un métier passionnel. J’ai profité d’un plan social pour suivre des formations et j’ai eu la chance de trouver assez facilement un emploi dans ce domaine« . Pourtant, le coup de coeur tarde à arriver. « En exerçant ce nouveau travail, je me suis rendu compte que mon métier de journaliste me manquait et que finalement, je n’y étais pas si mal. Aujourd’hui, je sais que j’aurais dû tester dans un premier temps le métier d’ébéniste et chercher à mieux comprendre ce qui ne me plaisait plus à l’époque dans celui de journaliste ».

Donner du sens à son travail

Cedric1.jpgToutes les reconversions ne sont heureusement pas aussi problématiques. A 34 ans, Cédric a voulu monter sa propre société. Ancien commercial, il travaillait notamment au contact de producteurs laitiers. Depuis longtemps, l’envie d’être indépendant et de monter sa propre société trottait dans sa tête. Face à l’engouement pour les produits bio et les paniers du terroir, il décide de monter sa structure, Yapluka. « L’idée germait depuis déjà une bonne année. Il a fallu six mois supplémentaires pour finaliser mon entreprise ».

Avant de se lancer, il contacte la Chambre de commerce et d’industrie locale afin de recueillir des conseils sur son business plan. « C’est une des clés de la réussite d’un tel projet. Il est nécessaire de parler avec des personnes extérieures à son projet et de confronter son rêve à la réalité. On m’a notamment demandé comment j’allais gérer mes tournées auprès des producteurs et des clients, comment j’organiserais concrètement ma semaine de travail ». Autant de réflexions qui lui permettent de mûrir son projet et de se lancer. Il contacte alors les banques et contracte deux prêts, un de 10 000 euros et un second prêt d’honneur de 6000 euros. De son côté, il apporte 7000 euros. « Cet argent était suffisant pour avoir une trésorerie sur un an et acheter le matériel utile au quotidien », explique Cédric. Sa société livre depuis quatre mois auprès des particuliers et des entreprises des produits du terroir. « Mon but n’est pas d’entrer un jour au CAC 40 mais d’offrir un service et d’avoir ma propre activité », poursuit ce jeune chef d’entreprise.

Monter sa société demande « beaucoup d’énergie »

lemoulindesaint-germain.jpgDavid et Pierre, anciens cadres dans l’informatique et les télécoms, voulaient eux aussi créer leur société. Après 10 années passées chez Orange, ils quittent leur fonction pour monter le Moulin de Saint-Germain. Dorénavant, ils vendent du pain biologique à Erdeven, dans le Morbihan. Pierre a démissionné de sa société via une rupture conventionnelle tandis que David a bénéficié de l’essaimage, un dispositif permettant de quitter son entreprise pendant plusieurs années avec la possibilité de la réintégrer par la suite. L’idée de monter le Moulin « a germé après diverses rencontres avec des boulangers. Notre démarche était également d’avoir une plus grande maîtrise de notre travail et de ne plus être un simple rouage de l’entreprise », explique Pierre.

De la culture du blé, à la préparation de la farine, jusqu’à la fabrication du pain, ils ont tout appris du métier en se formant notamment à un brevet professionnel de responsable agricole. Un changement de vie radical. « Cela demande beaucoup d’énergie. Je ne m’attendais pas à un projet si lourd, d’autant que nous avons monté notre bâtiment, qu’il a fallu apprendre le métier d’agriculteur et se former à la gestion administrative », poursuit Pierre. Tous deux bénéficient néanmoins du soutien de leurs maîtres de stages. « Cette transmission des savoir-faire a été très importante », analyse le jeune boulanger. Depuis un an, ils commercialisent ainsi leur production au travers d’Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), des magasins Biocoop, des marchés et en vente directe, deux jours par semaine au Moulin. Un choix militant lié directement à leur projet. « On a changé notre mode de vie et nos habitudes de consommation », poursuit Pierre. Et question salaire, ils ont aussi accepté de le « diviser par trois ». « C’était un choix global de notre part », explique Pierre.

Un « sacrifice » partagé par de nombreuses personnes en situation de reconversion. « Plus que l’argent, les personnes qui se reconvertissent veulent donner du sens à leur métier et réaliser leurs rêves. Ça ne signifie pas que ces personnes travailleront dans l’humanitaire ou dans un métier manuel mais qu’elles trouveront une plus grande satisfaction dans leur quotidien », analyse Yves Deloison. Une aspiration particulièrement forte chez les plus jeunes. Selon l’institut de sondage TNS Sofres, 84% des moins de 25 ans et 72% des moins de 35 ans veulent un jour changer de carrière.

« Je veux changer de job ! », Yves Deloison, Éditeur Hachette Pratique.

Publié le lundi 12 mars 2012 · 10:31 · Par Guirec

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Publié par le 16 mars 2012 dans JOBS

 

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